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Une foncière solidaire au service de l’art et de la culture

Une foncière solidaire au service de l’art et de la culture

À l’heure où les défis écologiques, sociaux et économiques invitent à repenser nos modèles de développement, la culture apparaît comme un levier essentiel de cohésion et de transformation. Mais comment assurer durablement le financement des lieux qui la font vivre ? En s’appuyant sur l’épargne citoyenne et les principes de l’économie sociale et solidaire, la Foncière Arts et Cultures propose une réponse originale : préserver le patrimoine, soutenir les initiatives artistiques et mettre l’immobilier au service du bien commun.

La culture, un enjeu majeur de la transition

Les transformations auxquelles nos sociétés sont aujourd’hui confrontées appellent une évolution profonde des modes de vie hérités de la modernité. Elles touchent à la fois les dimensions sociales, économiques et écologiques. Une telle transition ne pourra réussir sans des communautés humaines capables de vivre ensemble, de transmettre et de créer les conditions des modes de vie de demain.

Loin d’être un domaine secondaire, la culture, entendue dans son sens le plus essentiel, comme ce qui fonde les civilisations, constitue un levier indispensable de cette évolution.

Les initiateurs de la Foncière Arts et Cultures partagent cette conviction. Ils souhaitent contribuer à une culture au service de la personne humaine et du bien commun, avec une attention particulière portée à ceux qui en sont le plus éloignés.

Faire revivre le patrimoine au service de la création

Forts de cette conviction, ils ont choisi de redonner vie à des sites patrimoniaux — châteaux, domaines agricoles, anciennes usines ou bâtiments historiques — en les mettant au service de projets artistiques et culturels.

Cette expérience a progressivement fait émerger une réflexion originale sur le financement de l’immobilier culturel et sur la manière dont l’épargne citoyenne peut contribuer à des projets d’intérêt collectif.

Redonner une vocation culturelle à des lieux chargés d’histoire constitue un défi ambitieux. Dans une société marquée par la mobilité et l’effacement des repères, ces espaces entretiennent un lien vivant entre le passé et le présent et deviennent des lieux de rencontre, de création et d’ancrage pour des populations souvent dispersées.

Les initiatives présentées ici sont portées par des associations. Si elles répondent à une mission d’intérêt général, elles reposent avant tout sur l’engagement d’artistes, de bénévoles et de responsables associatifs, plus que sur l’action directe des collectivités publiques.

Très vite, une question s’est imposée : comment acquérir, restaurer et aménager des bâtiments souvent dégradés, dont la réhabilitation exige des investissements considérables ?

Les associations ont permis de développer les activités culturelles. En revanche, lorsque s’est posée la question de la propriété des lieux, leur cadre juridique a rapidement montré ses limites.

Les SCI solidaires : une première réponse

Pour répondre à ce besoin, des Sociétés Civiles Immobilières (SCI) solidaires ont été créées grâce à l’apport de particuliers désireux de soutenir ces initiatives. Certaines existent aujourd’hui depuis plusieurs décennies. Elles reposent sur un principe simple : permettre à chacun de consacrer une partie de son patrimoine à une œuvre collective au service de la culture.

Cette démarche constitue un véritable engagement citoyen. Elle montre qu’il est possible d’envisager la propriété autrement que comme un simple outil de rendement financier. Les associés demeurent propriétaires de leurs parts, mais choisissent d’orienter leur épargne vers une finalité d’intérêt général.

Cet engagement s’inscrit généralement dans la durée. Il reste toutefois réversible : chaque associé peut céder ses parts, sous réserve qu’un nouvel investisseur prenne le relais.

Avec le temps, les besoins ont évolué. Restaurations, extensions, mises aux normes et nouveaux équipements ont nécessité des financements complémentaires. Les SCI ont permis d’y répondre, mais leurs limites sont progressivement apparues. Les acteurs ont alors pris conscience de la nécessité de disposer d’un outil capable de mobiliser des ressources plus importantes.

Pourquoi créer une foncière solidaire ?

C’est dans cette perspective qu’est née l’idée de créer une foncière solidaire dédiée au secteur culturel.

Les foncières solidaires occupent aujourd’hui une place reconnue au sein de l’Économie Sociale et Solidaire. Elles interviennent dans des domaines variés — habitat, agriculture, transition écologique, énergies renouvelables ou préservation du foncier — tout en poursuivant un même objectif : mettre les ressources financières au service de projets à forte utilité sociale.

Leur fonctionnement repose sur quelques principes essentiels : une lucrativité limitée, une gouvernance démocratique et la recherche d’un impact social avant la performance financière. Elles permettent ainsi d’orienter des capitaux privés vers des projets porteurs de sens.

Lorsqu’un projet atteint une certaine ampleur, la création d’une foncière devient un levier pertinent. En regroupant les actifs immobiliers au sein d’une structure dédiée, elle renforce la lisibilité du modèle économique, facilite les relations avec les investisseurs et favorise un meilleur équilibre entre fonds propres et emprunts.

Un outil au service des acteurs culturels

C’est dans cet esprit qu’a été créée la Foncière Arts et Cultures. Sa vocation n’est pas de se substituer aux associations ou aux SCI locales, mais de renforcer leur capacité d’action. Fidèle au principe de subsidiarité, elle soutient les initiatives existantes en leur apportant des moyens financiers, juridiques et immobiliers adaptés à leur développement.

La Foncière répond ainsi à une difficulté récurrente des structures culturelles : la complexité de la gestion immobilière. En participant à des structures foncières ou immobilières solidaires, elle mutualise les compétences techniques, administratives, juridiques et financières. Les associations peuvent ainsi bénéficier de conditions d’usage soutenables, établies au plus près des coûts réels des biens, et consacrer davantage d’énergie à leur mission culturelle.

Mobiliser une épargne citoyenne à impact

Grâce à cet outil, il devient possible d’élargir le cercle des contributeurs en associant particuliers et investisseurs institutionnels sensibles à l’utilité sociale des projets.

Cette démarche a été confortée par l’obtention, fin 2024, de l’agrément ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale), qui reconnaît officiellement la vocation sociale de la Foncière.

Réconcilier culture, économie et bien commun

Au-delà de sa dimension financière, la Foncière Arts et Cultures invite à repenser les liens entre culture, économie et responsabilité citoyenne.

L’art et la culture ne se limitent pas à produire des œuvres ou des événements. Ils renforcent les liens entre les personnes, nourrissent le sentiment d’appartenance à un territoire et contribuent à une société plus attentive à chacun.

Cette ambition suppose des moyens économiques cohérents avec les valeurs qu’elle porte. Le financement des lieux culturels ne peut être dissocié de leur finalité : les outils mobilisés doivent eux aussi servir le développement des personnes, des communautés et l’intérêt général.

Donner du sens à l’épargne

À une époque où les mécanismes financiers paraissent souvent éloignés des réalités humaines, ces initiatives rappellent que l’argent n’est jamais neutre. Il peut devenir un levier de transmission, de construction et de solidarité.

La création de la Foncière Arts et Cultures invite chacun à s’interroger sur plusieurs questions essentielles : le sens de la propriété privée, la responsabilité de chacun dans la recherche du bien commun, le principe de subsidiarité et les formes de solidarité qui peuvent unir les personnes et les territoires.

Ces initiatives demeurent modestes à l’échelle des marchés financiers. Elles témoignent néanmoins d’une autre manière d’investir : une manière qui met l’économie au service de la culture, de la transmission et de la personne humaine, tout en renforçant les liens qui fondent la vie collective.


Pour en savoir plus : https://fonciere.arts-et-cultures.fr

Claire FABRE

Après avoir suivi des études scientifiques comme ingénieur, elle a exercé quelques années comme chercheur. Pendant tout ce temps, la question du sens de la vie restait présente. Quelques expériences artistiques et d'animation lui ont ouvert d'autres portes. Celle de l'émotion, par le théâtre, lui a donné accès à la vie intérieure. Puis elle a trouvé auprès d'artistes et d'animateurs la joie de créer ensemble, et s'est orientée vers le domaine culturel. Depuis maintenant près de 40 ans, elle a participé à la création de plusieurs associations culturelles et animé différents projets ayant en commun de contribuer à ce que des personnes de tous âges, de différentes cultures, puissent découvrir leurs capacités de créer. Depuis 15 ans, elle habite en Bourgogne, et préside l'association les Ateliers des Forges, à Perreuil (71)

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